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Usine Nouvelle (France): [World nuclear exhibition] "Le nucléaire est en voie de disparition", pour Mycle Schneider auteur du WNISR 2018

Sunday 8 July 2018

[World nuclear exhibition] "Le nucléaire est en voie de disparition", pour Mycle Schneider auteur du WNISR 2018

AURÉLIE BARBAUX

PUBLIÉ LE 26/06/2018 À 07H00, MIS À JOUR LE 03/07/2018 À 08H30

Le marché mondial du nucléaire se réduit comme peau de chagrin, confirme l’édition 2018 du World Nuclear Industry Status Report (WNISR), dévoilée en avant première par L’Usine Nouvelle.

Le printemps nucléaire, qui devait succéder à l’hiver post-Fukushima, n’arrive toujours pas. Et pourrait bien ne jamais avoir lieu. Seuls quatre nouveaux réacteurs – c’est-à-dire raccordés au réseau électrique – ont été mis en service en 2017. Les trois premiers se trouvent en Chine, le quatrième – de construction chinoise – au Pakistan. En 2018, ils ne seront que trois. Un en Chine et deux en Russie, dont Rostov 4 en construction depuis les années 1980. Des statistiques issues du décompte au 31 mai de Julie Hazemann, data manager, et Mycle Schneider, auteur principal du World nuclear industry status report 2018 (WNISR 2018) dévoilé en avant-première par "L’Usine Nouvelle". Pas étonnant que la filière nucléaire mondiale, qui tient son salon pour trois jours à Paris du 26 au 28 juin, lors du World nuclear exhibition, mette désormais l’accent sur l’aval du cycle de vie des centrales. Les deux parcours "découvertes" du salon privilégient d’une part le numérique, qui permet d’optimiser la maintenance, et d’autre part les déchets et le démantèlement.

La Russie tire le marché

"Si le nucléaire était un organisme vivant, il serait classé ’en voie de disparition’, car le taux de renouvellement est insuffisant pour sa survie", observe Mycle Schneider. Alors que huit chantiers avaient démarré en 2015, seuls trois réacteurs ont été mis en construction en 2016 – dont deux en Chine et un au Pakistan, toujours de construction chinoise -, et cinq en 2017, dont deux en Inde, un au Bangladesh (toutes les trois de construction russe), un en Corée et un surgénérateur de démonstration en Chine – aucun réacteur commercial n’a été mis en chantier depuis plus d’un an et demi. Du 1er janvier au 31 mai 2018, le WNISR ne dénombre que deux nouveaux réacteurs en construction, l’un en Russie et l’autre en Turquie (également de construction russe). Dans le même temps, trois réacteurs ont été déconnectés du réseau en 2017 – en Allemagne, en Suède et en Corée –, et d’autres le seront au Japon cette année. Au total, à la mi-2018, 52 réacteurs nucléaires sont en construction dans quinze pays et 410 réacteurs sont en exploitation à travers le monde d’une ancienneté moyenne de 30 ans.

La Chine marque le pas

Mais, étonnamment, ce ne serait plus la Chine qui tire le peu qu’il reste du marché, mais la Russie. Sur les sept dernières mises en construction dans le monde depuis un an et demi, six ont au moins une composante russe : deux se trouvent en Russie, les cinq réacteurs en construction en Inde, au Bangladesh, en Turquie et en Chine sont de production russe, et bien que le surgénérateur en Chine soit officiellement de conception chinoise, le design est basé sur le China Experimental Fast Reactor (CEFR) qui a été conçu… avec la Russie. "Ce qui reste le plus frappant, c’est l’évolution en Chine que l’on ne comprend pas bien, confesse Mycle Schneider. Sur la scène internationale, elle n’affiche aucun engagement pour de nouvelles constructions, mais n’a fait aucune communication qui permet de comprendre pourquoi." La Russie, la plus agressive sur le marché international, peut-elle prendre le relais ? Pas si sûr, car elle doit de plus en plus, comme EDF à Hinkley Point, porter seule les investissements. En Turquie, l’investisseur local – qui devait apporter 49 % du capital – s’est retiré juste avant le début officiel de la construction début avril 2018, mettant le projet en péril. Ce ne serait pas une première. Un projet de 10 milliards de dollars vient d’être abandonné en Jordanie.

La menace des énergies renouvelables

En Inde, présenté comme le nouvel eldorado nucléaire, "l’écart entre les prévisions et la réalisation est le plus dramatique au monde, rappelle l’expert du WNISR. On y parle des EPR depuis très longtemps, mais il y a des problèmes sur le plan légal, sur les garanties, la responsabilité en cas d’accident, sans oublier une opposition farouche des populations". Et en Inde comme en Chine, "l’espèce nucléaire est gravement menacée par des espèces invasives : les énergies renouvelables", constate encore Mycle Schneider, qui s’étonne que la logique du taux de renouvellement ne provoque pas plus de débat.

C’est oublier EDF. Si l’électricien français milite autant pour la construction d’autres EPR en France – mais commence aussi à parler de mini-réacteurs –,c’est moins pour assurer la production hexagonale que maintenir en vie une filière nucléaire française désarmée face à des renouvelables toujours plus compétitifs. Sur le plan mondial, le solaire dépasse désormais largement le nucléaire opérationnel en capacité installée, avec environ 400 GW pour le solaire contre 350 GW nucléaires. Certes, la production du nucléaire, en croissance de 1 % en 2017 grâce à la Chine, reste encore nettement supérieure à celle du solaire. Mais sa part dans le mix électrique mondial a encore reculé de 0,2 % en 2017, à 10,3 % contre 17,5 % en 1996.






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What They Say…

“The Report sets forth in painstaking detail the actual experience and achievements of nuclear energy around the world.”

Peter A. Bradford

Former commissioner
U.S. Nuclear Regulatory Commission (NRC)
(in his foreword to the 2013 report)
“A vital public service... Uniquely independent, thorough, and timely assessment."

Amory B. Lovins

Chairman, Rocky Mountain Institute
USA
“This annual publication has over 20 years evolved into the most reliable, strikingly original, comprehensive and penetrating assessment of the global nuclear industry.”

Praful Bidwai

Financial Chronicle
Delhi, India
"Amid the hype and PR, the smoke and mirrors, of the 'nuclear renaissance', the Status Report offers a hard-edged reality check."

Walt Patterson

Associate Fellow Chatham House
London, UK
“Fantastic piece of work. Must reading for any observer of nuclear energy."

Henri Sokolski

Executive Director Nonproliferation Policy Education Center
Washington DC, USA
“Reliable research based on cold, hard facts, unlike the hype and amnesia of industry sources.”

Scott Ludlam

Senator
Australia
“Félicitations pour la dernière édition du WNISR. Formidable comme d'habitude!”

Fulcieri Maltini

International Consultant Former Director of the Nuclear Safety Account, EBRD
Italy/France
“Thought-provoking as usual.”

Will Dalrymple

Editor Nuclear Engineering International
UK
"The authoritative report on the status of nuclear power plants worldwide is the World Nuclear Industry Status Report."

USAID

Bangkok, Thailand
“Such an illuminating report.”

Sam Geall

Deputy Editor China Dialogue
London, UK
"An astounding collection of facts and figures, a myth-busting international overview… An eye-opening piece of work!"

R. Andreas Krämer

Chairman Ecologic Institute
Berlin, Germany
“I really appreciate you letting us excerpt your report! It’s incredibly well researched and comprehensive, so thank you!”

Stuart Luman

Associate Editor Bulletin of the Atomic Scientists
USA